NOS CHAMBRES

Chambres D'Hotes, Studios un grand Gîte pour 9 personnes

Une interview avec Bella

Vous avez une bonne formule ici. D`où avez–vous eu l`idée ?

Mes voyages dans différents endroits m’ont donné l’idée. Ça fonctionne très bien, tout le monde apprécie. Nos chambres d’hôtes et nos studios ont tous vue sur les jardins. Pour ceux qui sont en location nous disposons de cuisines bien équipées dans les studios. Dans les jardins une cuisine d’été avec barbecue, plancha et même un grand espace ‘’paella’’ est à votre disposition. Manger à l’extérieur ‘’a la fresque’’ ; en famille ou avec des amis à l’abri c’est une spécialité de Beau Vallon. Pas que ça, les studios sont bien équipés et les appartements ne manquent de rien. Je souhaite que nos clients se sentent comme chez eux. Nos clients ou invités sont indépendants, se sentent confortables, libres et sont les bienvenus.

Tout le monde dit que le jardin est magnifique. Quelle est votre philosophie ?

Ce n’est pas un jardin sculpté, je ne sais pas grand chose concernant le jardinage, du coup j’ai un mélange de parties sauvages et des parties légèrement cultivées. Cela n’a rien à faire avec mon talent de jardinière c’est la nature de laquelle Beau Vallon est entourée qui donne cette beauté à cet endroit. Dans ce lieu se dessine un paysage de magnifiques vieux arbres, des murs en pierres, les pelouses vertes, nourries par le canal d’arrosage, la lavande et la vigne vierge qui abritent les abeilles et les papillons. J’ai planté des ‘’cosmos’’ parmi la lavande car cela me rappelle les prairies de Transvaal au Sud de l’Afrique avec ses allées colorées de Cosmos chuchotant dans le vent.
J’ai appelé le jardin ‘’le jardin de Milo’’ car il y passait beaucoup de temps à écrire à sa famille et à parler aux invités. A sa dernière occasion il était assis dans sa chaise roulante et coupait des brindilles qui se trouvaient par terre le feu.
Le jardin est parfait pour les enfants car il est plat, coupé et entouré de murs en pierres et de grands arbres de l’ombre. Les chiens l’adorent aussi car ils peuvent s’amuser librement. Parfois ils viennent vers moi en aboyant car j’empiète leur nouveau territoire de jeu.

Depuis quand êtes-vous ici ?

Milo et moi nous sommes arrivés en Juin 2002. Depuis ce temps-là le jardin s’est transformé d’un presque désert à un jardin divers de plantes, arbres et faune. L’écosystème est redevenu équilibré. Les abeilles n’attaquent pas parce qu’elles sont trop occupées à collecter du pollen, les oiseaux aiment se servir de la grande pelouse pour la survoler. Les sangliers profitent de la nuit pour faire une expédition et le blaireau peut être vu auprès du chemin et du canal dans la nuit lorsque je fais une ballade pour apprécier le spectaculaire ciel étoilé.

D’où êtes-vous ?

Je suis née en Rhodésie. Mes parents sont anglais. Ils s’y sont installés après la guerre. Mon père était commandant dans l’armée indienne. Son ascendance revient à British Guyane et la compagnie Booker Mc Connel. J’ai fréquenté l’école à Bulawayo, je me suis mariée là-bas et j’ai accouché d’un de mes adorables fils dans le même hôpital où je suis née !
Milo était français- mauricien. Il était chasseur en Afrique de l’est avant de déménager en Afrique du Sud et enfin ici. La famille de ‘’ L’Enfer- na de la Motte est d’origine de la région ‘’Champagne’’ en France.

Pourquoi avez-vous choisi cette région ?

Je n’ai jamais vraiment pu m’installer ou me sentir ‘’chez moi’’ quelque part après avoir quitté la Rhodésie jusqu’à ce que je connaisse cet endroit. Je n’étais pas enthousiaste par la propriété parce qu’elle était tellement austère et aride, mais là j’ai vu les vérandas arquées et le magnifique morceau de terre qui est entouré par les murs en pierres et les arbres impressionnants. Les roches en granite étaient la vraie raison pour laquelle j’ai été bouleversée. Chez moi en Rhodésie j’adorais les ‘’granite kopjies’’ du parc national de Matopos. Ici, les grands rochers qui entourent la propriété ont capturé mon âme. Je vais y rester jusqu’à ce que quelqu’un m’emmène ailleurs pour une odyssée.

Comment avez-vous choisi le nom ?

Quand Emile était petit, il vivait dans une propriété où l’on cultivait la canne à sucre, la propriété portait le nom ‘’Beau Vallon’’ et était gérée par son père. En arrivant cela m’a immédiatement rappelé dans quelle magnifique vallée nous entrions. La Vallée de la Rotja est effectivement un ‘’Beau Vallon’’ Je préfère des noms avec une certaine pertinence.

Vous travaillez seule. Pourquoi ? Vous devez vous sentir seule ?

Oui, parfois. J’ai de la chance d’être entourée par quelques personnes spéciales. Sans elles je serais perdue. Je n’ai jamais vécu seule donc il n’y a pas mal de moments où je souhaiterais avoir quelqu’un avec qui portager ma vie. L’amour de ma vie, mon bien-aimé Emile, ‘’mon Milo’’ est décédé en décembre 2013. Depuis là je suis seule. Je fais la plupart du jardinage moi-même, sauf le travail pénible. Il y a besoin d’un homme extra pour faire face à Bella Lenferna de la Motte et de vivre cette façon de vie. Ce n’est pas facile. Le mythe de la vie exotique et de gérer des chambres d’hôtes au sud de la France n’existe pas. J’ai mes 6 poules, Melissa, Melouse, Mimi et Agrippine, Octavia et Penelope (gris cendre) Il manque juste Odyse-mais lui il était un coureur de jupons émérite.

D’où sont vos clients ?

La plupart sont des Français ou des Espagnols et d’autres Européens. Il y a quelques personnes de l’Amérique du Sud, des Américains, des Japonais et même des Coréens ! C’est la variété des clients que j’adore. Ce sont eux qui rendent tout cela notable. C’est une joie d’accueillir une telle diversité de visiteurs. Des touristes, chasseurs, cyclistes, mobilistes, randonneurs, musiciens, écrivains et des personnes qui aiment et observent des oiseaux. Toutes sortes de personnes de toutes sortes de pays. L’été démarre avec des cris et rires d’enfants, les festivaliers et les groupes familiaux, et en plus des odeurs attirantes de la cuisson au barbecue et des rires des gens qui savourent de manger sous la lumière du soir des pergolas. Les gens jouent à la pétanque, au ping-pong et badminton sur la pelouse ou alors ils prennent tout simplement plaisir à s’asseoir dehors pour regarder le coucher de soleil époustouflant.
Souvent quand des clients partent je suis triste. Les gens viennent en vacances ici, ils sont contents et détendus, plein de joie et puis ils partent.. Il reste un grand vide. Cette année, quand ma cliente préférée est partie, j’ai versé une larme ou deux. Elle est connue comme Madame avec le nom « juste comme le chat »

Que faites-vous pour votre divertissement ?

  • Je vais au très confortable cinéma de Prades pour regarder des films français et souvent je m’endors.
  • Le fabuleux festival « Pablo Casals » qui se déroule en juillet et août est une animation incontournable annuelle et j’essaie d’y aller le plus souvent possible à leurs concerts.
  • J’adore les concerts à l’église Kipling à Vernet-les Bains et les Nits du Nuit à Eus sont excellents.
  • Par ailleurs je lis, surtout de la lecture non-fiction : sur l’économie, l’histoire, la science et le classique. Mon livre préférée pour le moment est Jan Morris : la guerre. J’apprécie beaucoup Steven Pinker et dès que je finis le magnifique livre « SPQR » de Mary Beard, j’ai l’intention de lire « The Infernal Machine » , une histoire de terrorisme, écrit par Matthew Carr qui a séjourné ici cette année.
    J’ai un excellent talent d’oublier des choses – donc tout ce que je lis passe en oubliette. C’est enregistré dans un coin de mon cerveau et j’ai du mal à le récupérer. 
  • Je suis une grande fan de Fareed Zakaria (GPS sur CNN) qui m’envoie ses articles régulièrement. Cela est un « Trumpisme » Actuellement Fareed ne m’envoie rien, j’ai signé pour son blog, donc je suis sur la liste email. Ses opinions sur des questions d’actualité sont très lucides.
  • De plus, il y a tant à apprendre de cette région, c’est presque hallucinant. La Catalogne est extrêmement riche en histoire car elle était la passerelle culturelle en Europe pour les premières colonies en Ibérie. Nous l’avons reçu en premier, le commerce, la musique, les maths, le papier, la religion et l’art.

Vous parlez français ?

Oui, je regarde la télé française, les films et tous les documentaires et mon ordinateur est en français. J’ai le talent de déformer la langue française. Mais je me débrouille avec les médecins, les avocats, les opérateurs téléphoniques, les artisans et les visiteurs. Ma première langue ici c’est le français. Je comprends la plupart des mots et dans 20 ans environ, les gens seront capables de me comprendre !

Quels sont vos meilleurs moments ici ?

Bien, il y a tant d’histoires de « garden partys » merveilleuses qui se déroulent spontanément avec les invités. Nous chantons des chansons traditionnelles françaises et catalanes, des parties de boules de pétanque. Je pense que Milo et moi ressemblons étrangement au couple du film original « Out of Africa » . Emile chassait dans l’Est de l’Afrique. Il m’a certainement traquée.

Nous avons accueilli des gourous « Tai Chi » et des sopranos qui se sont entrainés au fond du jardin. Il y a eu des discussions sur des livres ou musique avec les invités. Le 80 ième anniversaire de Milo, beaucoup de monde se sont invités. Il y a eu des promenades avec mon adorable chien « Choky » et mon chat « Mimeow ». Tous disparu maintenant, sauf les six poules les trois MMM et OAP.
Nous avons eu beaucoup plus de moments bizarres comme par exemple le pauvre petit bonhomme qui a probablement ouvert la vanne du canal alors qu’il n’aurait pas dû la toucher, est tombé en arrière dans ce dernier et s’est mis en danger.

  • Le cas d’une fille ayant des soucis de santé mentale qui a crié « au secours » désespérément.
  • Des plombiers « fous » qui ont effectués un mauvais branchement dans les WC sur la chasse d’eau avec de l’eau bouillante et se sont plaints ouvertement de leur mauvais travail.
  • Des tuyaux de toilettes défectueux avec l’eau ruisselant sur les murs et coulant sur ma tête, par conséquent nous avons dû remplacer le plafond à deux reprises.

Je deviens une experte de la gestion des désastres, comme arroser le dos d’un canard. Je m’éloigne un peu psychologiquement après des multiples périples. Il arrive souvent que tout s’accumule lorsque nous sommes très occupés. Par conséquent, suite à ces événements j’ai appris à avoir une multitude de gros mots. Actuellement, je m’exprime de la même manière que les français en gesticulant nerveusement et secouant ma tête avec toutes ces histoires et exaspérées en m’écriant « quel bordel » ce qui veut dire que c’est plus qu’un désordre. La vie est pleins d’événements, d’incidents.

La vie est mouvementée.

Trip